Calendrier Découvertes Nature 2017

Qu'est-ce qu'un sol ?

 

 

sol fonctionnement.PNG « Le sol est le produit de l’altération, du remaniement et de l’organisation des couches supérieures de la croûte terrestre sous  l’action de la vie, de l’atmosphère et des échanges d’énergie qui s’y manifestent. » (Aubert et Boulaine, 1980).


 Une définition bien savante pour exprimer toute la complexité du sol ! Pour comprendre comment naît un sol, il suffit de remonter à  ses trois étapes de fabrication. La première est la dégradation d’une roche-mère sous l’action des éléments climatiques. Selon la  région géographique, elle pourra être de nature différente : schisteuse, argileuse, calcaire… La deuxième étape de la création d’un  sol passe par l’enrichissement en matières organiques liées à la présence des végétaux et animaux du milieu. Enfin, par le lessivage  dû à la pluie et au gel, des éléments minéraux migrent et se déposent par couches successives avec les années. Se forment alors  des « horizons » composés de sels de calcium, sodium, oxydes de fer, argile, et de l’indispensable humus que l’on retrouve dans la  couche superficielle du sol.

 

 

 

Un sol existe dès que la moindre vie animale et végétale s’installe dans les débris de décomposition d’une roche. C’est pourquoi on ne peut pas à proprement parler d’un sol s’il n’est constitué que de matières minérales. Neil Armstrong aurait donc foulé la « croûte lunaire » et non pas le sol de la lune !

 

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Ces petites bêtes au service de la vie…

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Le sol abrite une faune et une microflore extrêmement diversifiée. Invertébrés, vertébrés, algues, bactéries, champignons… qui cohabitent et forment un parfait écosystème sous terrain. Certains sont prédateurs, carnivores ou végétariens, d’autres sont des décomposeurs hors pair. Ils ont en commun de tous participer à la création de l’humus et à rendre disponibles des éléments nutritifs indispensables pour les végétaux (azote, phosphore, potassium et ions minéraux comme le fer, le magnésium etc.). L’humus est le résultat de la décomposition de la matière organique grâce à l’action de la vie du sol, il est riche en matière carbonée, en nutriments et en eau.

Pour comprendre qui sont les animaux du sol, les scientifiques les ont classés en catégories selon leur taille. Les plus gros animaux composent la mégafaune, ils mesurent plus de 2 cm et sont donc faciles à observer. Il s’agit de petits mammifères (rongeurs), de gastéropodes (escargots, limaces), de lombrics et d’insectes (comme la courtilière par exemple). Ensuite vient la macrofaune de 2mm à 2cm ; elle comprend les larves d’insectes (notamment coléoptères et diptères), des petits vers de terre, des myriapodes (les fameux mille pattes) et crustacés (cloportes). Pour les plus petits organismes animaux comme les collemboles ou les nématodes, on parle de mésofaune (de 0.1 à 2mm). Pour la faune inférieure à 0.1 mm comme celle composée par les bactéries, on l’appelle microfaune.

 

 

 

 

Les lombrics, ces ingénieurs du sol…

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Les vers de terre sont évidemment les animaux les plus emblématiques du sol puisqu’ils consomment et transforment une part importante de matière organique. Il en existe une vingtaine d’espèces différentes en Europe. Leur présence varie fortement selon le taux de matière organique d’un sol, de 10 à 1000 individus par m2 soit de 100 kg à 5 tonnes à l’hectare !

On retrouve les vers épigés qui vivent à la surface du sol et se nourrissent directement des matières organiques déposées à la surface du sol (en forêt, ils vivent dans la litière qui tapisse le sol). Ce sont les vers rouges que l’on retrouve dans les composteurs de nos jardins ainsi que sous les paillages au pied de vos légumes ! Les vers endogés vivent plus profondément dans le sol et se nourrissent surtout de racines mortes.

Les vers anéciques (appelés plus couramment lombrics) complètent l’action des vers épigés et endogés : ils remontent à la surface pour enfouir les débris organiques qu’ils ingèrent avec de la terre. Ce sont les auteurs des « turricules », petits serpentins de terre que l’on retrouve à la surface du sol. En se nourrissant, ils mélangent la terre et l’humus dans leur tube digestif. Ils permettent ainsi la création du complexe argilo-humique. Ce complexe est un véritable garde-manger pour nos plantes : elles peuvent en puiser les éléments minéraux qui leur sont nécessaires.

En détruisant les sols, nous détruisons ces animaux et nous empêchons la formation de ce garde-manger naturel. Nous rendons ainsi nos cultures dépendantes d’intrants extérieurs : engrais chimiques et pesticides. Autrement dit, nous les mettons sous perfusion ! C’est pourquoi Claude Bourguignon, agronome français et microbiologiste des sols, parle alors de « gestion de pathologies végétales » pour évoquer l’agro-industrie actuelle.

 

 

 

La microflore du sol : algues, champignons et bactéries…

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D’autre part, un sol ne saurait être un sol sans les végétaux qui le composent. Les algues – et oui, elles n’existent pas qu’à la plage ! - se développent dans les premiers centimètres du sol. Elles permettent son enrichissement en oxygène et sont consommées par divers animaux. A leurs côtés, les champignons sont pratiquement les seuls êtres vivants à pouvoir permettre une bonne dégradation de la lignine du bois. Ils consomment également la cellulose des végétaux en décomposition. Certaines moisissures produisent des vitamines (notamment du groupe B) assimilables par la faune et la flore.

D’autres champignons vivent quant à eux en symbiose avec les racines des plantes. Il s’agit des mycorhizes. Ils forment des réseaux souterrains de filaments qui leur permettent d’accéder à l’eau et aux éléments minéraux sur de grandes distances. En s’associant au système racinaire d’une plante, il lui ouvre l’accès à des ressources nutritives que ses racines seules ne peuvent atteindre. Ce sont donc des alliés précieux en cas de sécheresse et de conditions climatiques défavorables, ils renforcent la résilience des végétaux.

Pour finir, il reste à présenter le rôle des bactéries. Ces dernières sont particulièrement utiles pour minéraliser l’humus, c’est-à-dire rendre bio disponibles les éléments minéraux présents dans la matière organique décomposée. En effet si la grande majorité de la faune du sol transforme la matière organique pour la réduire et l’incorporer au sol, les bactéries en extirpent les minéraux nécessaires aux plantes. Parmi les bactéries, certaines vivent également en symbiose avec les racines des végétaux et sont fixatrices de l’azote de l’air. Elles concentrent l’azote qui sera consommée par les végétaux pour leur croissance.

Tous les organismes du sol permettent non seulement d’enrichir le sol et de le rendre nutritif pour les plantes, mais aussi de l’aérer, en favorisant une bonne oxygénation ainsi qu’une bonne pénétration de l’eau. Ils limitent le travail du sol du jardinier : ce sont de véritables « mini laboureurs » à leur échelle ! Assurer leur bien être signifie également assurer le nôtre. Ils assurent littéralement le développement de toute vie terrestre.

 

 

Comment favoriser la vie du sol au jardin ?

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Le maître mot est de couvrir son sol et de ne pas retourner la terre, pour ainsi fournir le gîte et le couvert pour tous ces petits êtres sans les perturber. Dans la nature, un sol nu n’existe pas, que ce soit en forêt ou sur une prairie, la vie du sol est toujours assurée par la présence de la végétation avec des matières organiques en décomposition à sa surface. En forêt, le sol est souple, noir et meuble. D’après-vous, qui est à l’origine de cet agréable matelas sous vos pieds ?

Pour obtenir un sol aussi agréable à fouler qu’indispensable au confort et à la bonne santé de vos courgettes préférées, il faut protéger et nourrir la vie de votre sol. Cela se fait notamment en apportant de la matière organique, ou en plantant des végétaux qui créeront eux-mêmes cette matière par la décomposition de leurs parties aériennes (feuilles, tiges…) à la surface du sol. Tout comme les feuilles mortes de la forêt couvrent et nourrissent le sol tout au long de l’année.

Lorsqu’il n’y a pas de couverture du sol, les éléments nutritifs sont alors lessivés par la pluie, le vent. Rien ne les retient au pied de vos plants de tomates qui se retrouvent bien démunis, sans réserve alimentaire stable d’une année sur l’autre. Or, il faut également savoir que la destruction de l’humus s’accélère dans les sols régulièrement et profondément travaillés, dans les jardins où l’on brûle souvent les mauvaises herbes, où il n’y a pas d’utilisation de compost (épluchures, résidus de récoltes, végétaux divers, coquilles d’œufs etc).

Pour compléter les apports du compost, on peut incorporer chaque année 10 à 30 kg de fumier pour 10m2, ou réaliser des rotations de cultures avec des engrais verts ou des prairies qui vont directement enrichir le sol.

 

En résumé, pour faire vivre son sol, plusieurs techniques sont à notre disposition :

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  • Le paillage : qui protège et nourrit la vie du sol et donc les plantes,
  • Les engrais verts : qui apportent de l’azote au sol.
  • L’incorporation de matières organiques fraîches : qui nourrit directement les vers épigés puis la faune et microflore du sol ensuite,
  • Le compost : qui offre des éléments organiques déjà transformés pour nourrir la plante,
  • Un travail du sol superficiel : qui ne mélange pas les couches du sol et donc ne perturbe pas la vie du sol, très importante dans les premiers centimètres du sol,
  • En laissant pousser la flore sauvage : qui pousse toujours là où elle est la mieux adaptée pour le sol. Par exemple, le pissenlit a tendance à pousser dans les sols carencés en potassium et tassés. Sa racine pivotante décompacte le sol et en se décomposant le pissenlit enrichit le sol en potassium.

Vous l’aurez compris, l’important est d’apporter un maximum d’éléments organiques différents afin d’obtenir un large panel d’éléments nutritifs pour la faune du sol et les plantes. Non seulement vous rendrez la vie du sol heureuse, mais votre sol sera plus fertile d’une année sur l’autre. Ce sont vos plantes qui apprécieront ! Et quoi de plus gratifiant qu’un jardin vivant et sain ?

 

Aurore Mignan, Service Civique Environnement.

 

Sources :

Dominique SOLTNER, Les bases de la production végétale Tome 1 Le sol et son amélioration.

Jean-Paul THOREZ et Brigitte LAPOUGE-DEJEAN, Le guide du jardin bio. 

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