Calendrier Découvertes Nature 2017

La Sologne, ce n’est jamais trop pour ma trogne !

La Sologne, ce n’est jamais trop pour ma trogne !

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Les estivales de l’eau, c’est tout l’été chez Sologne Nature Environnement et c’est rien que pour vos yeux ! Durant cette période, nous explorons toute la Sologne, plus précisément ses milieux aquatiques (ah bon ? Avec « estivales de l’eau », je ne suis pas sûre que vous aviez compris, mais bon ne sait-on jamais...). Nous apprenons à découvrir les étangs, les marres, les rivières, les tourbières, les prairies humides, etc... Le but étant de vous divertir en vous apprenant les mystères de notre belle et chère Sologne.

Moi, Clotilde, reporter en herbe, je suis partie assister à une animation bien particulière juste pour vous, afin que vous puissiez découvrir ou redécouvrir (pour certains) les « Mardis soir au bord de l’eau » !

C’est parti mon… kiki !

Nous sommes mardi 29 août 2017, il est 20h00 et il fait beau et chaud à Lassay-sur-Croisne. Nous nous préparons pour l’animation,  le crépuscule est ponctuel, aussi ponctuel que nos 15 participants.

 

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« Les mardis soir au bord de l’eau », comment ça se passe ? He bien, je vais vous répondre aujourd’hui !


Tout d’abord, comme à chaque début de « cours », un petit rappel s’impose. Bon, je vous rassure tout de suite, nous n’allons pas vous faire un cours d’histoire, loin de là. Nous nous occupons juste de savoir si vous nous connaissez bien et si, avant votre venue à une estivale, vous connaissiez le but réel de leur existence. Vous vous en fichez ? Ce n’est pas grave, je vous l’explique quand même !


Nous existons depuis maintenant plus de 30 ans ! Hé oui, déjà, vous connaissez nos valeurs et le but principal de notre association.

Non ? Vraiment ? Vous rigolez j’espère... Le but de SNE c’est la protection de la faune et la flore de Sologne.

Et les estivales, c’est la découverte des milieux aquatiques de Sologne. Voilà CQFD (« ce qu’il fallait démontrer »). Du coup, savez-vous pourquoi ces sorties s’appellent « Mardis soirs au bord de l’eau » ? Durant notre marche nous effectuons quelques arrêts afin d’observer la faune ou la flore (des milieux aquatiques) qui nous entoure !

En ce qui nous concerne, nous avons commencé avec la flore (en tant que typique Solognots, veuillez prononcer ce mot en insistant sur le « R » et en le roulant particulièrement fort – exercez-vous maintenant !).

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Après ce petit rappel contextuel, un réglage s’impose. Lequel ? Pour observer quelque chose de près, le matériel le plus approprié, c’est la paire de Jumelles ! Pour bien observer, il faut donc les régler.

« On ferme l’œil droit, on règle, on ferme l’œil gauche ; sans oublier d’ouvrir l’œil droit sinon les jumelles ne servent pas à grand-chose ! » - Humour de notre animateur Alexandre !

Après avoir réglé nos jumelles, nous partons à la découverte de la Sologne.

 

Notre belle Sologne, la connaissez-vous vraiment ? Oui ? Non ? Vous devez savoir qu’elle se divise en 4 parties.

  • La Sologne Sèche, connue pour ses multiples landes.
  • La Sologne des étangs, son nom donne toute son explication avec ses un peu plus de 12 000 étangs.
  • La Grande Sologne, connue pour ses grands domaines de chasse et grandes propriétés privées.
  • La Sologne Viticole, qui une fois plus ne donne pas suite à plus d’explications.

 

 

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La Sologne, une des plus belles régions du monde. Prétentieux, nous ? Seulement réalistes...

Concernant Lassay, on se situe en limite de la Sologne des étangs et c’est pour cela que nous allons analyser tout ce qui a un rapport avec les milieux aquatiques. Commençons donc notre observation du lieu.

Nous démarrons donc notre marche et notre premier arrêt se fait autour d’un fossé. Vous pensez « un fossé ? Sérieusement ? », Eh bien oui, sérieusement.

 

Les fossés sont humides et les plantes qui y poussent correspondent à 100% à nos attentes. Les plantes qui s’y trouvaient sont donc les suivantes :

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  • Nous avons la Prêle ou communément appelée « la plante du dinosaure »,
  • La Ciguë, plante hautement toxique, donc si vous n’aimez pas quelqu’un…  A prendre au second degré bien sûr !
  • La Salicaire, avec sa tige carrée et qui est très jolie au passage n’est-ce pas ?
  • Le Roseau, *FAUX*, ceci se trouve être en réalité un faux roseau, c’est un usurpateur, son nom c’est la Massette,
  • Le vrai roseau est celui-ci, le roseau des marais, car le terme roseau désigne à la base un cheveu, d’où l’expression « aller se faire couper les roseaux » quand on se rend chez le coiffeur.

 

 

Les connaissaient-vous ? Oui ? Non ? Maintenant, oui. Leurs points communs à tous ? Les sols humides bien évidemment.

  

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 Continuons, en parlant du sol, celui de la Sologne des étangs, comment est-il ?

Ôtez-moi d’un doute, il est bien sableux et argileux ? Oui ? Merci ! Me voilà rassurée.

La région Centre est connue pour être calcaire et au milieu c’est un sol argileux que nous rencontrons avec par endroit du sable au-dessus. Savez-vous pourquoi il y a du sable à des endroits et d’autres non ? Car tout simplement, il y a des endroits où passait la Loire. Cette dernière dans son passage érodait la roche et déposait l’érosion à d’autres endroits. Ce qui explique la présence de sable au milieu de la région Centre, en Sologne et son absence ailleurs.

 

En continuant notre route, nous arrivons à l’étang de Bézard, c’est l’un des plus grands étangs privés de Sologne, il a sa place dans le top 5 !

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Avec ses 55 hectares, il porte le nom de son créateur, Messire Bezard. L’INPN (inventaire national du patrimoine naturel) annonce quant à lui 75 hectares de superficie. Et d’autres diront qu’il fait en tout et pour tout, 95 hectares. Pourquoi autant de divergences ? En réalité la différence s’explique si on prend seulement l’étang et son eau visible ou si l’on prend l’étang et la végétation qui le compose. Les végétations qui composent un étang sont nombreuses.

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Nous avons le vrai roseau dont nous avons légèrement parlé tout à l’heure, son nom réel c’est le Phragmite, il était très utilisé auparavant en Vannerie. Il possède également un autre nom pour les Solognots, la Carelle. En bord d’étangs nous retrouvons aussi des Saules (très assoiffés, ils peuvent consommer jusqu’à 200 litres d’eau par jours), des Peupliers, ils sont la flore des étangs et sont considérés comme de la végétation spontanée.

Il était également possible de mettre un étang en culture (blé, orge, avoine, etc...) et quand il y avait un assec, la remise en eau était ensuite très riche pour la pisciculture.

L’étang de Bézard n’est pas connu pour être mis en culture mais il était autrefois connu pour sa grande pêche qui permettait de faire vivre la Sologne. A présent il est toujours pêché mais, la grande fête n’est plus au goût du jour et la pêche ne permet plus de faire vivre notre chère et tendre Sologne. Grâce à cet étang, Lassay est souvent évité par les orages, bon seulement ceux qui viennent de l’ouest, les autres sont les exceptions qui confirment la règle.

Connaissez-vous la différence entre un lac et un étang ? Non ? Oui ? Peu importe, je vous donne la réponse quand même.

Un étang doit être artificiel, vidangeable, avoir une bonde et ne faire pas plus d’1m60 de profondeur, au-delà c’est un lac car ce dernier est connu pour faire plus de 2m de profondeur.

La flore, la flore et encore la flore. Très bien, mais la faune ? Patience, c’était justement mon point suivant.

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Qu’avons-nous vu ? Je vous laisse voir par vous-même en photo :

Parade de cygne©alexandre_roubalay_photo_nature (1).JPG

  • Cygne blanc tuberculé (présents depuis 2/3 semaines car en pleine migration),

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  • Cygne noir (celui-ci est un échappé),

D’autres oiseaux que nous n’avons pas vus mais qui sont présents sur cet étang :

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  • Héron Pourpré,
  • Héron Cendré,

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  • Grèbe à cou noir,

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  • Guifette Moustac (qui est reconnu comme un annonceur de danger pour les autres oiseaux),

En ce qui concerne les poissons, amphibiens et mammifères nous pouvons trouver des Perches Soleil, des Poissons Chats, des Grenouille et des Mulots, etc... Le Héron en raffole.

Départ de l’étang, en route, je fais la découverte d’une étrange mais superbe machine, la « BATBOX ». Non ce n’est pas une babiole de Batman, enfin on s’en approche, haha ! Cette Batbox, nous permet d’entendre les Chauves-souris qui passent au-dessus de nos têtes la nuit et elle nous permet de les reconnaître suivant le chiffre qui s’inscrit sur l’écran de la machine. Les sons entendus, sont le bruit que font les Chauves-souris quand elles chassent, elles tapent. Et si, le nombre inscrit sur la machine est d’environ 45, c’est à une Pipistrelle que nous avons affaire comme c’était le cas ce soir-là.

Lorsque nous avons entendu madame Pipistrelle passer au-dessus de nos têtes, nous étions en forêt. Les forêts de Lassay sont jeunes et peu exploitées, composée de Pinède et d’Acacia, elles ont eu la chance de voir passer 6-7 Cerfs en velours lors de l’année 2016. A savoir que Monsieur Le Cerf est plutôt migrateur et non casanier comme certains pourraient le penser.

Avant de vous raconter la fin de mon histoire. Une petite anecdote demandée par l’une de nos participantes. Les Solognots étaient jadis appelés « les ventres jaunes », pourquoi ? Une idée ? Notre animateur a eu 2 réponses à cela :

  1. Les Solognots sont connus pour être quelques peu « radins, rapiats, proches de leur sous... » ce qui explique pourquoi ils se promenaient avec leur écu d’or près de leur ventre.
  2. La Sologne par un temps fut touchée par le paludisme – la fièvre Jaune. Maladies qui infectait le système hépatique et donnait un teint jaunâtre. A l’époque, les Solognots étaient très mal nourris et il était plutôt miraculeux d’être plus âgé que 26-30 ans.

Notre marche s’est achevée autour de l’étang communal de Lassay-sur-Croisne. Attendez, dans Lassay-sur-Croisne, nous avons Croisne et la Croisne qu’est-ce que c’est ? C’est une rivière. Un affluent de la Sauldre et qui est donc un sous-affluent de la Loire. Cette rivière fait 16km de longueur et est vide par endroit. Pour revenir à notre étang communal, vous allez penser que je suis une traîtresse, mais c’est un faux étang communal... Décidemment ce soir, c’est la soirée de la vérité.

Un faux étang ? Comment est-ce possible ? Eh bien tout simplement car il possède une fausse bonde, sinon le niveau de l’eau serait plus bas que celui de la Croisne (cela veut dire que le trop plein d’eau de l’étang devrait aller dans la Croisne), or ici, la Croisne a un niveau plus bas. Pour sa gouverne, il est quand même très bien fait cet étang car il est fait sur un plan incliné qui nous trompe très bien.

Alors, résumé, nous avons parlé de la flore, de la faune, de l’histoire de la Sologne, avons-nous abordé réellement tous les animaux de la Sologne ? Je ne crois pas non... Il nous en manque, lesquels ? Les animaux nocturnes bien sûr, autres que la Chauve-souris.

Vous pensez ce que je pense ? Oui, les hiboux et les chouettes. C’était la clôture de notre sortie, un jeu de reconnaissance entre 2 familles et ses différentes espèces. Il fallait différencier les hiboux des chouettes et ensuite dans chaque espèce reconnaître qui était qui. Comment reconnaît-on un hibou d’une chouette ? Ce sont leurs « oreilles », qui sont en réalité des plumes appelées aigrettes. Ces aigrettes leur permettent d’avoir une ouïe exceptionnelle.

« Ils ont l’ouïe fine, pas le Wi-Fi ! » - Qu’est-ce qu’on rigole lors de ces sorties...

Nous avions : 

· Chez les chouettes :

  • Chouette Harfang, pas présente en Sologne ni en France car elle est dans les milieux polaires,
  • Chouette Hulotte, qui chasse en forêt,
  • Chouette Effraie, qui plane pour chasser,
  • Chouette Tengmalm, peu connue car faible répartition en France, elle est surtout présente en montagne,
  • Chouette Chevêche, plus en danger car cette dernière a besoin de 2 milieux pour vivre, de la pâture et des haies.

· Chez les hiboux :

  • Hibou des marais,
  • Hibou Petit-Duc, qui fait la taille d’une main, jusqu’à 50 cm d’envergure,
  • Hibou Moyen-Duc, le plus commun des hiboux en Sologne, jusqu’à 1m d’envergure,
  • Hibou Grand-duc avec une envergure d’environ 1m80.

Après avoir vu ces photos, saurez-vous me dire pourquoi certains ont les yeux tous noirs et d’autres colorés ? Cela les différencie en ce qui concerne leur moment de sortie, les yeux noirs sont nocturnes, les colorés sont plutôt crépuscule / à la tombée de la nuit.

Voilà, il est 22h30, notre balade s’achève.

 

Vous voulez connaître mon ressentit par rapport à cette sortie ? Je vous donne celui d’un couple de participants :

 

« Nous avons participé à la sortie de Lassay, merci à l’animateur, c’était très intéressant et plein de découvertes.

Cordialement. »

 

Je n’ai rien à rajouter, tout est dit. Une seule chose, les Estivales de l’eau sont finies et l’année prochaine, un conseil, foncez-y !

 

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A bientôt,

Clotilde.

 

P-S : Je voudrais remercier Acadiau d'Images pour le prêt de ces superbes photos d'oiseaux ! 

 

 

nous rejoinde                       

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