Calendrier Découvertes Nature 2017

Un milieu particulier en Sologne : les roselières

Les roselières sont, par définition, des lieux couverts de roseaux (tel que les phragmitaies par exemple). On les trouve principalement sur le bord et dans la queue des étangs solognots, en eau peu profonde. Certaines peuvent être très étendues (11 hectares pour un étang de Saint-Viâtre). Elles peuvent être inondées en permanence ou une partie de l'année seulement.

C'est un milieu particulier car il abrite de nombreuses espèces d'oiseaux qui sont très souvent inféodées à ce biotope, c'est à dire qu'on ne trouve dans aucun autre milieu en Sologne.

Les oiseaux des roselières
Les roselières abritent plusieurs types d'oiseaux :

Des Ardéidés ( les "hérons") : le héron pourpré se nourrit et niche parfois dans les roselières (il niche également en Sologne dans les saulaies inondées). Le butor étoilé, que l'on peut reconnaître facilement à son mugissement très puissant, niche quant à lui uniquement en roselières (comme c'est le cas dans le reste de la France). Lorsqu'il voit un danger il est capable de dresser son cou à la verticale pour se camoufler et de suivre le mouvement des roseaux bercés par le vent, son mimétisme est alors tellement parfait qu'il arrive souvent de le perdre des yeux et de ne plus pouvoir le retrouver. Le blongios nain, le plus petit des hérons européens, niche également en roselières, mais aussi dans les petits saules perdus dans les roseaux. C'est un oiseau discret que l'on repère au chant du mâle.

Un rapace apprécie également la protection des roseaux pour camoufler son nid : le busard des roseaux. Il installe son nid sur un tas de brindilles, de branches et de joncs cassés ou pliés à quelques dizaines de centimètres du sol. Il est possible de l'observer volant assez bas au-dessus de l'eau ou des roseaux pour chasser.

Des passereaux : plusieurs espèces solognotes nichent uniquement en roselières, les rousserolles (turdoïde ou effarvatte) dont le chant très saccadé trahit la présence, et la locustelle luscinoïde dont le chant caractéristique ressemble à une longue crécelle.


Un milieu menacé

Malheureusement, les roselières sont actuellement menacées en Sologne :

Les saules du bord des étangs progressent chaque année un peu plus à l'intérieur des roselières et "ferment" petit à petit le milieu. Il est alors parfois nécessaire de faire des coupes pour limiter la progression des arbustes et des arbres.

Le ragondin (ou myocastor) coupe abondamment les roseaux, parfois beaucoup plus rapidement que la régénération naturelle ne le permet. C'est un animal originaire d'Amérique du Nord qui progresse beaucoup dans toute la France, et particulièrement en Sologne depuis quelques dizaines d'années seulement.

Les roselières sont également parfois purement et simplement supprimées par la main de l'homme (pour les besoins de l'agriculture par exemple).

Des espèces d'oiseaux encore plus menacées
Les oiseaux d'eau qui nichent dans les roselières (les hérons, le busard des roseaux et les passereaux) sont très menacés en Sologne, comme le montre le suivi des espèces patrimoniales mené par SNE ces dernières années.
En effet, le butor étoilé a vu ses populations solognotes presque réduites à néant en quelques dizaines d'années. Il ne subsisterait que 1 (ou 2 ?) couple en Sologne en 2002 ! De même le blongios nain est devenu un nicheur très rare (2 à 3 couples ont été notés en Sologne en 2002 !), alors qu'il était très abondant encore il y a 40 ans (plusieurs centaines de couples). Le busard des roseaux, quant à lui, a vu ses populations diminuées de manière dramatique : de 30 couples dans les années 70 à moins de 10 couples actuellement.
Pire encore: la rousserolle turdoïde et la locustelle luscinoïde ont disparu de la liste des oiseaux nicheurs de Sologne depuis quelques années.
La rousserolle effarvatte, quant à elle, est encore bien présente actuellement en Sologne mais aucun suivi précis ne nous permet de dire si ses populations sont stables ou si elles diminuent.

Tous ces oiseaux ont donc subi de plein fouet la raréfaction des roselières mais cela ne suffit pas pour expliquer une telle diminution.
D'autres régions constatent le même scénario : les populations d'oiseaux des roselières diminuent de manière catastrophique ces dernières années, même en Brenne où pourtant de grandes roselières sont entièrement protégées. Alors, pourquoi une telle chute des effectifs ?
Il semble qu'un prédateur dont les populations sont en très nette progression fasse de très gros dégâts dans les nids de ces oiseaux : il s'agit du sanglier.
En effet, on a constaté que les sangliers consomment régulièrement les œufs et les oisillons dans les nids qui leur sont facilement accessibles.
Des études plus précises restent néanmoins nécessaires pour confirmer cette hypothèse.

Conclusion

Il semble difficile d'envisager de faire diminuer les populations de sangliers (même la chasse ne semble pas y parvenir). Il faut donc trouver des solutions alternatives en étudiant la manière de protéger efficacement les roselières contre les sangliers.

SNE va être très attentive aux résultats obtenus à l'étang de Beaumont (Neung-sur-Beuvron) où une protection partielle de la roselière va être effectuée, pour éventuellement envisager de favoriser et d'étendre ce type de protection en Sologne.

Frédéric Pelsy

 

 

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