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La perfection des corps au détriment de la qualité de l’eau

article de presse

© Michel Kichka-Cartooning for Peace

Au rayon de votre parapharmacie préférée vous trouverez pour chaque centimètre carré du corps, un produit dédié à le sublimer, retirer ses impuretés, le rendre lisse, le rendre souple et bien hydraté ! Passons sur ces qualificatifs flatteurs… et posons-nous un instant. « Comment obtient-on ces effets merveilleux ? Avec quelle formule ? Sont-ils aussi miraculeux sur notre corps que dans le siphon de la salle de bain ? ».

 Comme partout, la chimie de synthèse est venue apporter sa petite révolution dans la salle de bain. Effet du produit visible et prix imbattables ont emporté la décision de nombreux consommateurs. A moins de télécharger une application qui vous évaluera tout de suite les impacts sur la santé d’un produit (moins souvent pour l’environnement), voici quelques pistes pour débuter l’enquête. Direction le bac de douche !

Un produit pour la douche ou une crème hydratante sont composés de la même façon :

  • De l’eau
  • Des excipients qui donneront au dit produit sa texture et sa fonction : crème, gel, mousse et plus si affinité, pour hydrater, nourrir ou laver.
  • Des adjuvants pour maintenir homogène l’eau et les excipients. On souhaite éviter l’effet yaourt et son petit lait !
  • Un principe actif qui donne au produit l’effet souhaité et détermine bien souvent son prix. Par exemple l’aloe vera, l’huile d’argan, le beurre de karité etc.
  • Des adjuvants, c’est-à-dire des produits ajoutés pour mieux conserver, colorer ou parfumer le produit final.

Parmi les excipients, un bon nombre sert à laver la peau et retirer la couche de crasse. Ils ont le nom barbare de tensioactifs ! Or dans l’imaginaire collectif, un produit lavant doit mousser et pas qu’un peu. Pour obtenir ces deux effets, nous avons toute la gamme des sulfates de synthèse, efficaces, peu chers, mais pour beaucoup diablement irritants avec un processus de production polluant. On utilise pour produire les sulfates certains phénols éthoxylés qui sont toxiques pour les milieux aquatiques et en plus ils persistent très longtemps dans les milieux.

Faites le test sous la douche. Combien de produits contiennent au choix : du sodium lauryl sulfate de sodium (SLS), laureth sulfate de sodium (SLES) ou de l’ammonium laureth sulfate (ALES). Préférez-leur le Sodium Lauryl Sulfoacetate qui lui est biodégradable.

Si vous avez à côté du gel douche un shampoing qui promet des cheveux lisses, méfiance ! Les silicones et les ammoniums quaternaires ont certes un effet gainant autour du cheveu, mais ils ne se dégradent pas facilement dans l’eau. Les stations d’épuration sont souvent impuissantes pour filtrer ces substances et leurs résidus. Aussi, pour faire le tri, on jette tout produit contenant un composant finissant en –cone / -xane / - monium.

Premiers signes de temps nouveaux, depuis le 1er janvier 2018, la France a interdit la vente de produits exfoliants à base de microbilles de plastiques. La stratégie nationale est de réduire les polluants à la source. En Suisse, le gouvernement fait plutôt le pari de retraiter jusqu’à 80 % des micropolluants en aval, en investissant massivement dans les stations d’épuration avec de nouvelles technologies. Si vous souhaitez éviter de payer le retraitement de l’eau au prix fort, privilégiez les produits éco-labellisés, sans silicone, et sans parfum de synthèse. Ils sont certes souvent plus chers mais vous privilégierez au long terme l’environnement et la potabilité de l’eau !  

Juliette Dané

 

 

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