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Le loup va-t-il recoloniser la Sologne ?

loup

 

 

La présence du loup sur le territoire français n’en finit pas de déchaîner les passions : une cohabitation entre le loup et les différents acteurs économiques, culturels, humains est-elle envisageable en Sologne ?

 

 


Au niveau national ou européen, deux tendances contradictoires s'expriment au sujet du loup depuis une trentaine d’années. D’un côté, l’image du loup s’est sensiblement améliorée auprès de la majeure partie de l’opinion publique en France et en Europe. Des politiques de protection du loup à l’échelle européenne, puis nationale, ont favorisé une lente, puis plus rapide recolonisation de son ancienne aire de répartition. Le loup est ainsi arrivé en France, dans le Mercantour, à la fin du siècle dernier, à la suite de l'augmentation des effectifs de la population de loups en Italie : c'est un fait scientifique établi à partir d'analyses de l’ADN des loups retrouvés morts, par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), établissement public qui est chargé de la gestion du prédateur sur le territoire national.
D'un autre côté, il est indéniable que la réapparition du loup entraîne des dommages pour une partie des acteurs économiques et culturels ruraux confrontés à sa présence. Il existe donc une partie de l’opinion publique qui est farouchement opposée à la présence du loup, d’autant plus que celle-ci affecte directement ses intérêts économiques et moraux. Effectivement, la cohabitation du loup et de l’élevage est problématique. La prédation du loup sur des animaux domestiques constitue un dommage important et la compensation financière prévue dans le cadre de la loi pour indemniser les éleveurs est souvent insuffisante au regard de leur préjudice moral. Faut-il pour autant en conclure que l’éradication du loup constitue la seule solution au problème de la prédation sur les troupeaux domestiques ?
Sur cette question, les gouvernements français et européens ont légiféré afin d’entériner le statut de protection du loup en tant qu’espèce. En Europe, le loup est protégé par la Convention de Berne (1979) transcrite dans le droit français en 1989. Il est inscrit dans les annexes II et IV de la directive « Habitats » de l’Union Européenne. Ce statut souligne l’importance écologique dévolue aux loups par les scientifiques : la présence du loup témoigne d’un écosystème suffisamment vaste et préservé en proies naturelles pour assurer sa survie. Les Etats signataires de la convention de Berne s’engagent donc à empêcher la destruction systématique du loup. Néanmoins, les gouvernements sont conscients des difficultés rencontrées par les éleveurs dans la mesure où ils autorisent des tirs de prélèvement, généralement réalisés par des agents publics ou des chasseurs formés à cet effet. Pour les éleveurs, c’est insuffisant. Pour certains spécialistes du loup, ces tirs sont inefficaces car ils désorganisent les meutes, ce qui accentue les risques de prédation sur les animaux domestiques. Quoi qu’il en soit, les difficultés et la détresse de certains éleveurs touchés de manière récurrente par des actes de prédation est bien réelle et il est du devoir de l’Etat et de la collectivité de tenter de soulager leurs difficultés. Des pistes existent et les exemples ne manquent pas, en Italie, en Slovénie et ailleurs en Europe.
Cependant, il serait faux de prétendre que la survie même de l’élevage est menacée par la présence du loup. Dans l’histoire millénaire des relations conflictuelles entre les éleveurs et les loups, ce sont les premiers qui l’ont emporté, et c’est le loup qui a failli disparaître à force d’être pourchassé. Le défi qui se pose aujourd'hui est celui d'une cohabitation des différents acteurs humains de l’espace rural avec un grand prédateur. Ou d'un équilibre entre les activités humaines et un écosystème naturel comprenant le prédateur d’ongulés sauvages présents en nombre (cervidés et sangliers). Faut-il rappeler que de nos jours les loups survivent en Toscane, dans les Balkans, en Scandinavie et en Pologne, à quelques kilomètres de centres urbains densément peuplés et au niveau de développement comparable à celui de la Sologne ? Dans tous ces pays, des conflits demeurent : éleveurs mécontents, rejet du loup, abattage illégal. En revanche, dans aucun de ces pays l’élevage n’a disparu, et il existe des savoir-faire, dans les régions où le loup a toujours vécu, pour contenir le plus possible les conséquences de sa présence.
Ainsi le loup peut trouver sa place en Sologne s’il est en mesure d’y revenir par ses propres moyens.

 

 

 

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