Notre lutte contre le déterrage des blaireaux

Le blaireau

Le blaireau, du latin Meles meles, est un mammifère protégé par la Convention de Berne (convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe). Plutôt nocturne, cet omnivore privilégie les espaces abrités (bois, haies, broussailles,…) pour implanter son terrier pouvant atteindre 4 à 5 mètres de profondeur afin de se protéger de ses prédateurs. C'est une espèce très propre qui change régulièrement la paille de son terrier et fait ses besoins à l'extérieur pour garder un habitat sain.

Cet animal est chassable à tir durant la période légale qui s’étend cette année du 22 septembre 2019 au 29 février 2020. Il est également possible de le chasser par vénerie sous terre du 15 septembre au 15 janvier.

Photo d'un blaireau de profil Photo d'un blaireau de face

 

Qu’est-ce que la vénerie sous terre

La vénerie sous terre, ou déterrage, est une pratique que nous considérons barbare ! Le principe est d’extirper violemment un blaireau de son terrier après des heures de stress pour ce petit animal, et cela peut concerner toute une famille !

Une fois le terrier découvert par les chasseurs, ces derniers arrachent tout sur leur passage pour pourvoir accéder facilement à l’entrée et y lâcher leurs chiens. Les blaireaux se retrouvent donc confrontés au meilleur ami de l’homme, pourtant ici élevé pour chasser.

À ce moment débute donc l’enfer pour ces mammifères, effrayés par les aboiements des chiens qui avertissent les chasseurs de leur position, ils se retrouvent acculés au fond de leur tanière et doivent subir aussi bien la destruction de leur habitat que des morsures des chiens.

Puis, une fois découvert par les chasseurs, ces derniers les extirpent avec de grosses pinces métalliques, en les saisissant au cou ou encore par une patte, avant de les traîner au sol et de les exécuter avec une arme à feu ou une arme blanche. La mort survient après de multiples blessures et les blaireautins sont souvent dévorés par les chiens.

Nous souhaitons donc dénoncer cette pratique, d’autant plus que, sur simple décision du préfet, sollicité par les chasseurs, une période complémentaire de chasse par vénerie sous terre peut être accordée, ce qui a été le cas cette année dans le Loir-et-Cher.

Notre action en justice contre la période complémentaire de chasse

Nous avons, en collaboration avec l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) et Perche Nature, décidé de protester contre la mise en place d’une période complémentaire de chasse. En effet, alors que le déterrage est interdit dans de nombreux pays d’Europe (Belgique, Royaume-Uni, Italie, Espagne,…), cette décision aurait autorisé la vénerie sous terre durant plus de 4 mois complémentaires, permettant de chasser les blaireaux pendant 9 mois de l’année, laissant alors peu de répit à cette espèce (la période complémentaire aurait dû s’étendre du 1er juillet au 15 septembre 2019 et du 15 mai au 30 juin 2020).

Accompagnés par l’avocat Louis de Redon, nous avons donc déposé en juillet un recours en référé qui a conduit à l’abrogation par le Préfet de la période de chasse complémentaire pour cette année dans le Loir-et-Cher.

L’action de la Maire de Valaire contre la vénerie sous terre

La Maire de Valaire a publié en septembre un arrêté municipal interdisant la vénerie sous terre sur sa commune. Cependant, cette décision n’a pas convenu au Préfet qui lui a demandé de retirer son arrêté sous 15 jours.

Puis, le 23 octobre 2019, le juge des référés a décidé la suspension de cet arrêté en attendant son étude sur le fond lors d’une prochaine audience.

En tant qu’association de protection de l’environnement nous soutenons donc fermement la Maire de Valaire dans sa lutte contre le déterrage des blaireaux, pratique qui est totalement injustifiée !

Affaire à suivre...

Pourquoi soutenons-nous la lutte contre la vénerie sous terre ?

Au final, qu’est-ce que les blaireaux font de mal ?

Vénerie sous terre et prévention de la tuberculose

L’accusation la plus répandue est que le blaireau est transmetteur de la tuberculose bovine. Or, si la faune sauvage peut véhiculer cette maladie, son origine vient des bovins, soit des animaux d’élevage contaminés par la bactérie Mycobacterium bovis.

D’ailleurs, la vénerie sous terre, qui, selon les chasseurs, est pratiquée en partie pour lutter contre l’expansion de cette maladie, est en réalité une source de transmission ! En effet, dans les zones contaminées et à risque, les chasseurs peuvent exposer leurs chiens à des blaireaux porteur de la tuberculose bovine et prennent alors le risque de les contaminer à leur tour.

Cette pratique n’est donc ni un moyen de lutter contre cette maladie ni un moyen de la prévenir. Effectivement, l’élimination des blaireaux par vénerie sous terre juste par prévention n’est pas justifiée et encore moins dans une partie du département du Loir et Cher contaminée par un cas de tuberculose bovine en 2015 et sous surveillance depuis (ANSES, rapport sur la gestion de la tuberculose bovine et des blaireaux, août 2019).

Les risques de dégât peuvent être évités

Premièrement, les blaireaux sont accusés de détruire des cultures, notamment de maïs. Cependant, même s’il est possible qu’ils en consomment quand ils sont en « lait », les dégâts restent très rares. En effet, le régime alimentaire du blaireau le pousse plutôt à manger des insectes, des rongeurs, des vers de terre ou encore d’autres végétaux et fruits secs comme les glands par exemple.

D’ailleurs d’autres solutions existent pour éviter la détérioration des terres plutôt que de les chasser. En effet, comme pour les sangliers qui peuvent également être source de dégâts, l’installation d’une clôture électrique ou l’utilisation d’un répulsif naturel sont très efficaces pour protéger ses cultures.

Deuxièmement, il est aussi reproché aux blaireaux de fragiliser les infrastructures autoroutières et ferroviaires en installant dans ces zones leurs terriers. Or, il existe des solutions alternatives pour résoudre ces situations et de nombreux exemples d’aménagements permettent de pallier à ces risques (terrier en dur pour éviter l'effondrement, mise en place de clapet anti-retour pour faire partir les blaireaux).

Leur reproduction est limitée

Chaque année seulement 1 femelle sur 3 donne naissance à une portée qui se compose de seulement 2 ou 3 blaireautins dont 30 à 60 % peuvent mourir la première année et l’espérance de vie de cette espèce ne dépasse pas 5 ans.

Pour conclure, Sologne Nature Environnement encourage vivement la lutte contre la vénerie sous terre tout comme 83 % des français qui souhaite son interdiction (sondage IPSOS 2018). En effet, cette pratique est totalement injustifiée et relève d’une incroyable violence !

Engagez-vous

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Soutenez vous aussi l'action de la Maire de Valaire en faisant un don ! L'ensemble des donc collectés seront reversés à la commune pour permettre de payer les frais d'avocat.

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Procurez-vous un autocollant ou un badge "Touche pas à mon blaireau" en échange d'un don à partir de 2 € pour lutter contre le déterrage de cette espèce ! 

L'ensemble de l'argent récolté sera reversé à la commune de Valaire. Libre à vous de donner plus si vous le souhaitez.

Pour vous en procurer un c'est simple ! Nous vous attendons dans nos locaux au château de Beauvais à Romorantin. Le paiement sera fait sur place et vous repartirez avec votre autocollant ou votre badge à afficher où vous le souhaitez !

Signez la pétition

Engagez-vous contre la vénerie sous terre en signant la pétition de l'Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) afin de dire non à cette pratique cruelle !

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Revue de presse

Période complémentaire de chasse

Action de valaire contre la venerie